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  • HH-Rasolonjatovo

Le chorégraphe James CARLES, divin...

Mis à jour : 3 juin 2019

En 2012, j'ai débuté un travail de revalorisation du corps à travers la danse. Je voulais que les gens se réconcilient avec leur corps pour tenter, pas à pas, de retrouver la part mystique au-delà de l'enveloppe charnelle. J'ai recherché un chorégraphe qui partage ce cheminement et à Paris, au Studio Harmonic, j'ai rencontré James CARLES. Plus qu'une évidence, une transcendance, une transe dansée.


Originaire du Cameroun, formé chez Alvin Ailey, James Carles a créé son école et sa Compagnie


Il avait une formation d'Ingénieur agronome. Né dans une famille favorisée d'industriels africains, rien ne le prédestinait à devenir danseur, chorégraphe, formateur, directeur d'une Compagnie... Le décès de sa mère évidemment fut un tournant. Celui qui fut jadis formé chez les Jésuites allait oser son rêve et créer son destin, ou, plutôt, forcer le destin car rien n'allait lui être épargné et il fut à deux doigts de mettre la clé sous la porte en étant forcé de vendre son centre chorégraphique à Toulouse. En approchant la cinquantaine, il fut enfin reconnu par ses pairs : un Live à succès sur Arte, Libération, Les Inrocks, Télérama, l'honneur d'inaugurer la Capitale européenne de la Culture à Mons en Belgique, des tournées internationales, les portes des CND qui s'ouvrent... L'aboutissement de la détermination pour assumer une identité artistique radicalement différente, singulière, authentique.


"Le musicien passe sa vie à chercher le son, le danseur passe sa vie à chercher le flux. Il y a les fondamentaux techniques, la mécanique, mais dans la danse, il y a encore et surtout le spirituel. La danse, c'est le spirituel."

James Carlès est à la fois très puissant et d'une élégance inouïe, il est la conjugaison aiguisée des danses de rue et de la danse classique. Il enrichit son travail de sa grande culture historique et littéraire, poétique et politique, notamment l'anthropologie du geste.


Mémoires du continent africain, mais pas seulement...


Il forme des amateurs, il forme des futurs danseurs professionnels, il organise des stages qui proposent aux élèves de suivre l'enseignement de références internationales, souvent à Paris pour former les enseignants de demain, et, bien sûr, il crée, il met en scène, pour sa propre Compagnie ou pour des jeunes lycéens. Sans oublier son festival annuel. Infatigable ?


James Carlès trouve sa force dans sa foi chrétienne, dans la musique de Claude Nougaro, dans la divine étincelle créative : ses spectacles ne ressemblent à aucun autre. Intensément charnels, à la fois métaphysiques, délicats et sauvages, d'une spontanéité galvanisante, James Carlès nous kidnappe en images interactives, dans un balai de textiles, des spectacles dont on ne sort pas indemne. J'ai eu le privilège de le photographier et de le filmer durant presque trois ans. MERCI James.


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